• Tel un coucou....

     

     

     

     

    Selon la légende bien connue, la femelle du coucou, dans ses menées prédatrices,

    opère avec une précision qui pourrait faire pâlir  d'envie n'importe quel praticien du noyautage pervers.

    Elle pond un œuf, ne le couve pas, le met à couver dans le nid d'une autre oiselle ;

    là va naître son oisillon ;

    celui ci se comportera dans la couvée adoptive comme un parasite  absolu.

     

    Dans cette façon d'occuper et de parasiter un nid déjà fait et en "état de marche",

    dans cette façon d'exploiter une organisation existante et fonctionnante,

    on reconnaît la manière dont les noyaux pervers s'installent dans des "fromages"

    dont ils comptent bien se nourrir.

    Tel un coucou....

    Le coucou ne parasite pas n'importe quel nid :

    ses prédilections, selon les régions, vont à des rouges-gorges,

    aux rousserolles effarvattes, aux accenteurs, fauvettes et bergeronnettes.

    Ces oiseaux vont être bernés. On se gardera cependant de les prendre pour des idiots.

    Car la mère coucou prend d'incroyables précautions.

    L'œuf qu'elle va pondre (un seul) sera de la couleur et à peu près de la taille de ceux du nid qu'elle convoite.

    Elle est donc spécialisée, elle pond à point nommé, et  à toute vitesse :

    dissimulée dans les feuillages des environs, elle attend que la femelle à berner quitte son  nid un bref instant ;

    alors elle fonce, pond aussitôt son œuf, prélève à la place un des œufs existants ,

    qu'elle emporte et qu'elle mange, et s'envole ;

    ni vu, ni connu, l'embrouille est précise à la seconde et au millimètre près.

     

    De même le noyau pervers ne peut il prendre pied

    que sous les dehors du banal, de l'ordinaire et de l'identique :

    il doit tout faire pour passer d'abord inaperçu, pour se fondre dans l'ensemble.

    Ainsi, et ainsi seulement, ne sera-t-il pas d'emblée rejeté :

    une infiltration ne débute jamais par un coup d'éclat.

     

    L'oisillon coucou va naître.

    Il est taillé pour grandir beaucoup plus et beaucoup plus vite que les oisillons légitimes.

    Il poussera ceux ci hors du nid et restera seul.

    Il dévore, sans cesse réclame à manger, et la femelle complètement bernée ne cesse de le nourrir ;

    bientôt , il la dépasse en taille.

    Beaucoup s'étonnent et même s'indignent

    de ce qu'un oiseau par ailleurs aussi "précis" que la bergeronnette ou la rousserolle se laisse à ce point berner.

    Quelle complaisance stupéfiante pour une monstrueuse supercherie !

     

    De même en va-t-il, ici encore, pour les noyaux pervers.

    Leurs composants auront été préalablement adoptés dans et par un milieu qui se montre

    suffisamment accueillant pour délivrer un capital de confiance familière.

    Les prédations et dégâts qu'ils se mettent peu à peu à commettre

    seront longtemps tolérés et longtemps ne seront pas reconnus.

    Et bien des maux auront été commis avant que ne s'efface la marque adoptive.

     

    Pour avoir moi-même eu à éradiquer quelque élément de noyau pervers

    qui avait pourtant commis des dégâts, j'ai pu mesurer la force qu'il faut dégager

    pour se déprendre de quelqu'un que l'on avait adopté comme un familier

    (... et qui en aura, tel un coucou, usé, mésusé et abusé à son profit).

     

     

    PAUL-CLAUDE RACAMIER - LES PERVERSIONS NARCISSIQUES.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « Des mots que j'aurais pu écrire....La Blessure d'Abandon - Dr Daniel DUFOUR. »
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  • Commentaires

    1
    Vendredi 13 Juillet à 07:57

    Je trouve la comparaison avec le coucou absolument magnifique, c'est tout à fait cela

    Amicalement

    Claude

      • Vendredi 13 Juillet à 12:28

        Et oui...

        Je te souhaite un bon week end Claude...

        A bientôt. 

        Amitiés

         FAUSTINE.

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