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    "Je ne sais pas très bien quand s'est créé le lien avec mon thérapeute.

    L'expression "être en lien" m'était inconnue.

    Je l'ai apprise pendant ma thérapie.

    Au départ je l'ai considérée comme une supercherie, un leurre, voire une escroquerie relationnelle.

    Je me sentais septique, dubitative face à cette notion galvaudée.

    C'était du chinois, pour moi et du bluff !

     

     

    En thérapie, mon interlocuteur a dû me montrer patiemment, mois après mois,

    que le lien perdurait en dehors de la présence physique.

    Je le regardais, étonnée, me demandant combien de temps il tiendrait,

    à tisser seul un lien auquel je ne contribuais pas.

    Inlassablement, il m'ouvrait la porte à l'heure prévue,

    me laissait déborder sur l'horaire, assouplissait le cadre...

    Sa constance et sa patience me médusaient...

    Tant que le lien n'est pas constitué, toute séparation est ressentie comme définitive

    et cela est source de grande souffrance.

    Elle peut d'ailleurs occasionner les pires débordements :

    affamée quand l'autre s'absente, abandonnée à soi-même,

    la personne sans lien n'a de cesse que de renouer le contact pour ne pas mourir.

    D'ailleurs mourir n'est rien.

    C'est crever de solitude qui est intolérable...

    Tous les adultes sans lien sont des bébés".

     

     

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